Le masculin violenté
Ce qui est atteint chez le conjoint de la femme violente est son identité masculine. Que la victime soit une femme ou un homme, la violence vise l'individu dans son identité et ses rôles. Mais les rôles attribués à l'homme diffèrent de ceux attribués à la femme.
Ce sont ces fonctions propres au masculin qui modifient l'expression de la violence sur trois plans: les formes, la cible et les conséquences. Les formes de violence envers l'homme sont regroupées selon le critère de visibilité.
D'un côté, il y a les violences psychologiques, plus subjectives puisqu'il s'agit de tout un ensemble de manipulations, de comportements ayant l'intention de blesser l'homme dans son intégrité psychique. Les domaines de mise en oeuvre de ces violences psychologiques sont variés.
Il s'agit de la sexualité, du travail domestique, de l'éducation des enfants et du travail professionnel. Par la violence subie, l'homme devient porteur d'une identité qui lui pose problème.
Vis-à-vis de lui-même, il ne sait pas comment intégrer sa nouvelle identité à sa biographie, comment relier l'identité masculine qu'il s'est construite avant l'apparition de la violence et celle qui se présente à lui sous l'expression générique d'homme battu.
C'est ainsi que vis-à-vis d'autrui, il goit gérer le stigmate d'homme battu. En tant que tel, l'individu développe deux stratégies. L'une consiste à gérer le stigmate. L'identité dépend aussi du regard d'autrui sur soi.
L'autre vise la survie au sein de la relation de violence, les moyens mis en place par l'homme pour tenir le coup dans une telle situation, ses manières de percevoir la réalité pour rester au sein du couple et accepter la violence. Toutes ces stratégies s'élaborent dans une perspective de poursuite de la relation conjugale. Quand l'homme quitte enfin la relation, il dit effectuer deux processus, celui de la rupture qui correspond à la séparation conjuale ou au divorce, et celui de la victimisation, où il se déclare victime et est reconnu comme tel par la société.
Dans tous les cas, que ce soit un homme ou une femme, chaque personne est responsable à 100% de se protéger de la violence d'abord, et ensuite de ne pas émettre de la violence sous toutes ses formes. Enfin, la relation conjugale qui met en jeu deux individus, donc deux acteurs, s'inscrit dans un environnement social qui interagit avec chaque personne.
L'homme battu, un tabou au coeur du tabou. Sophie Torrent (Options Santé, 1975)
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
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Comprendre la violence conjugale
Comprendre l'éjaculation précoce
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Se tourner vers l'autre au lieu de se détourner l'un de l'autre
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Séduire une femme et la garder
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La sexualité féminine
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Le stérilet hormonal
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Surmonter les blocages dans le couple
Survivre à la maladie ou la disparition d'un être cher
La télévision et les médias sont-ils sexophobes ?
Test de satisfaction conjugale, test de satisfaction sexuelle
La testostérone et l'amour
Testez votre tendance à l'overthinking
Le traitement pharmacologique de la dysfonction érectile
Les traitements pour booster votre sexualité
Transsexualisme ou dysphorie de genre (première partie), Transsexualisme ou dysphorie de genre (seconde partie)
Les troubles de l'érection
Un nouveau traitement pour l'éjaculation précoce ?
Vos tentatives de rapprochement sont-elles efficaces
Le vacuum dans le traitement de la dysfonction érectile
Le vaginisme (première partie), Le vaginisme (seconde partie)
Vers une génération sans sida ?
VIH et troubles hormonaux-Première partie, VIH et troubles hormonaux-Seconde partie
La violence faite aux hommes-Les préjugés, La violence faite aux hommes-Statistiques
La vulnérabilité des femmes
Le XXe siècle ou celui de la dépression
Yvon Dallaire en conférence à Montréal
Comprendre la violence conjugale
La violence de la femme envers l'homme s'inscrit dans une relation particulière, celle de l'union conjugale qui comprend toute communauté de toit, de table et de lit. Deux critères influent l'appréhension de la violence. Elle est perçue différemment selon le codage social et individuel.
Dans le codage social, la violence correspond à des faits et à des manières de l'appréhender. Ces représentations véhiculent la légitimité ou l'illégimité de la violence, c'est-à-dire son degré d'acceptation ou d'inacceptations sociales.
Il faut donc se demander si la société reconnaît à l'homme le droit d'être victime de violence conjugale ou si cela ne lui est pas possible car se référant à être infondé. En résumé, dans la société actuelle, l'homme peut-il se déclarer publiquement "homme battu" ?
Un autre acteur complexifie l'analyse de la violence conjugale. Il s'agit de l'appréhension de la violence par les personnes concernées. Les personnes violentes et les personnes violentées définissent différemment la violence.
Les personnes violentes définissent plus de violence que leur compagne ou compagnon en a repéré. De leur côté, les personnes violentées repèrent difficilement les violences qu'on leur a fait subir. Ensuite, il faut également se demander comment s'exerce la violence de la femme sur son conjoint. Sous quelles formes s'exprime-t-elle ?
Quel impact produit-elle sur l'homme ? Puisqu'il s'agit chaque fois d'un homme, inscrit dans une relation de couple, donc en présence d'une femme, il faut considérer la relation sociale dans laquelle le jeu de dominant et de dominé est également présent.
L'homme battu, un tabou au coeur du tabou. Sophie Torrent (Options Santé, 1975)
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
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Introduction sur la violence conjugale
En premier lieu, la violence conjugale se déroule dans le huis clos de la sphère familiale. Elle a longtemps été considérée comme une affaire privée sur laquelle aucune intitution de droit ou de fait ne devait porter regard ou jugement. La relation de violence ne s'établit pas entre deux étrangers, mais entre des familiers qui partagent une intimité.
Ces rapports sont complexifiés par les liens affectifs que les partenaires entretiennent.
En second lieu, la violence conjugale envers les femmes s'inscrit dans les rapports sociaux entre les sexes. L'environnement socio-culturel légitime certains modes de relations sociales. En troisième lieu, la notion de violence conjugale reste floue quant à sa délimitation et variable selon les perceptions de chacun. Cette notion, encore une fois subjective, permet au tabou de persister.
Enfin, le sujet spécifique de l'homme battu par sa conjointe est un phénomène atypique à l'heure actuelle.
Sur ce phénomène, de nombreuses réactions spontanées traduisent qu'il ne peut pas être de ce monde. Pourtant, ce phénomène est bien réel dans notre société. Qu'est-ce qu'un homme battu par sa conjointe ? Comprendre la situation de l'homme victime de violence conjugale, c'est avant tout définir ce qu'est la violence. La violence renvoie à l'utilisation de la force contre autrui.
Cette force est destinée à user d'une contrainte. Pour Garver, la violence constitue une atteinte à l'intégrité de la personne qui peut être physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique.
L'homme battu, un tabou au coeur du tabou. Sophie Torrent (Options Santé, 1975)
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
Conclusion sur le "Nous"
Le "Nous" est donc régi par trois dimensions que sont l'espace, le lieu et le temps. Ces trois dimensions sont liées les unes aux autres. Ces trois dimensions sont surtout le reflet des dynamiques conjugales et de ce que les deux partenaires arrivent à créer en fonction des crises, des conflits, du déséquilibre et de leurs différences respectives. Le "Nous" est donc une véritable entité qui dépasse largement les deux conjoints. Il s'agit donc de considérer ce "Nous" comme une cellule conjugale dont l'état de santé va évidemment avoir un impact sur la société.
Toutefois, durant la passion, le "Nous" a tendance à être fusionnel. Le temps paraît souvent trop court car la présence de l'autre est souvent obsessionnelle. Ensuite, l'espace et le temps ne sont pas vraiment problématiques car ils n'existent pas. En général, les deux conjoints ne vivent pas encore ensemble dans le même territoire partagé.
Et lorsque c'est le cas, chacun fait les efforts nécessaires pour que cet espace soit rassurant et épanouissant pour l'autre partenaire. Mais une fois la passion terminée, le couple est aux prises avec la lutte pour le pouvoir qui engendre le déséquilibre.
Ce déséquilibre va évidemment avoir un impact sur ces trois dimensions qui constituent le "Nous". La seule question est de savoir comment les deux partenaires vont réussir ou non à construire un "Nous" épanouissant ou un "Nous" où ne règnent que le vide, les disputes, le silence et les frustrations.
Pire encore, dans les couples malheureux, le "Nous" devient un champ de lutte, chacun cherchant à accuser l'autre, à prouver que c'est lui qui a raison et que c'est l'autre qui a tort. Le lieu et l'espace deviennent des dimensions particulièrement néfastes pour la relation.
Les trois dimensions vont être d'autant plus synonymes de disputes et de mésententes avec l'arrivée des crises et des conflits. Dans ce cas précis, le "Nous" ressemble à un territoire dévasté où les besoins de chacun ne sont plus du tout respectés.
Le temps va d'autant plus accentuer ce sentiment d'impasse et de noyade. Dans le cas des couples malheureux, l'espace, le lieu et le temps finissent par devenir leurs pires ennemis et par user lentement mais sûrement la relation.
C'est donc la lutte pour le pouvoir qui va déterminer si le couple est capable de créer un "Nous" sécurisant ou un "Nous" anxyogène. En résumé, les deux conjoints sont à 100% responsables du "Nous" qu'ils vont créer et construire, responsables mais pas coupables.
Encore une fois, le vrai coupable, c'est le paradoxe de la passion et la puissance destructrice des dynamiques relationnelles. En revanche, pour les couples heureux à long terme, ils arrivent à faire de l'espace, du lieu et du temps leurs meilleurs alliés, les deux conjoints faisant les efforts nécessaires pour partager un territoire commun et créer un climat amoureux, basé sur la confiance, le respect, l'admiration et la connaissance de l'autre.
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
Le "Nous" est un temps
Lorsque l'on interroge les couples qui durent depuis des années, beaucoup se plaignent d'un sentiment de routine et de lassitude. Plus que jamais, le couple est en proie avec le temps qui passe. Il n'est donc pas rare d'entendre qu'avec le temps, le désir s'estompe, la communication n'est plus la même, les disputes sont de plus en plus nombreuses, et les deux partenaires font de moins en moins l'amour et ne parviennent plus à trouver des moments de tête à tête.
Pourquoi ? Tout simplement parce qu'avec le temps, nous avons tendance à considérer notre conjoint comme acquis. Avec le temps, nous avons tendance à oublier ce qu'il est réellement et à le négliger, non pas parce qu'on ne l'aime pas, mais parce qu'on n'y pense pas.
Par conséquent, il n'est plus nécessaire de le séduire, de valoriser ses qualités, ses ressources et ses compétences, de lui montrer de l'affection et donc, de créer un climat amoureux. Ce qui explique cette sensation de routine et de lassitude.
La qualité de la relation n'est pas forcément mauvaise et le couple n'est pas forcément en danger. Mais le temps a fini par créer de la distance entre les deux partenaires. Chacun a donc l'impression de ne plus avancer et de ne plus s'épanouir avec l'autre.
Avec le temps, le "Nous" est devenu un territoire calibré, étriqué, convenu et incapable de s'élargir davantage. Toutefois attention, le temps peut rapidement devenir votre pire ennemi.
A cause de la lassitude, l'un des deux partenaires peut avoir l'impression de vivre dans une relation qui ne lui apporte plus grand chose. C'est aussi dans ce genre de cas que l'un des deux peut s'ennuyer, déprimer ou encore avoir envie d'aller voir ailleurs.
Dans le cas des couples malheureux, le temps est l'un de leurs pires ennemis. Etant donné que chaque partenaire vit dans une relation conflictuelle, le temps amène chacun à camper davantage sur ses positions et/ou à se détester davantage.
suite de cet article dès demain !
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
Le "Nous" est un lieu et un espace
Le lieu et l'espace sont des notions quasi similaires. A travers ces deux dimensions, il s'agit de considérer le "Nous", donc, nous le rappelons, l'union formée par les deux partenaires et de leurs différentes caractéristiques, comme un endroit et/ou une sorte de territoire dans lequel vont se jouer des relations de pouvoir. Le lieu et l'espace représentent donc un territoire que les deux partenaires vont décider ou non de partager en fonction de leurs envies, de leurs attentes et de leurs besoins respectifs.
Ce partage n'est possible qu'à travers l'acceptation et la gestion des différentes crises et des conflits inhérents de la vie en couple.
Si les deux conjoints parviennent à traverser les crises et à gérer les dynamiques conjugales, le territoire pourra être partagé de façon équitable. Ce n'est qu'à cette condition que le lieu et l'espace pourront devenir un territoire commun et de partage malgré les différences entre les deux partenaires. Ensuite, le lieu et l'espace pourront éventuellement s'élargir et accueillir d'autres personnes (enfants, familles et entourage) au sein de ce territoire.
Le lieu et l'espace correspondent donc au foyer conjugal (appartement ou maison), à l'habitat commun et partagé par les deux partenaires. Alors quelle est la différence entre le lieu et l'espace ? Encore une fois, ces deux dimensions sont presque semblables.
Toutefois, l'espace caractérise plutôt un endroit précis (par exemple, la cuisine, le garage ou un autre espace de l'habitat) dans lequel un des partenaires va se sentir plus ou moins à l'aise, va exercer plus ou moins de pouvoir et va y avoir une certaine importance.
Pour schématiser et caricaturer, l'homme aura peut-être plus de poids et d'importance dans son garage, qui va devenir un espace personnel, alors que la femme s'épanouira davantage dans d'autres espaces de l'habitat. Quant au lieu, il regroupe l'ensemble de ces espaces et comment chaque partenaire arrive à partager et accepter le ou les territoires de chacun.
La seule question est: comment les deux conjoints vont-ils parvenir à s'entendre, à gérer les désaccords, leurs différences, les crises et les conflits pour faire de ce lieu et de cet espace un territoire permettant l'épanouissement de chacun ? Ou alors au contraire, un territoire de disputes, les deux partenaires se livrant une guerre sans merci.
Il s'agit donc de savoir si ce lieu et cet espace vont réduire le déséquilibre ou bien l'accentuer, donc, si les deux conjoints vont s'y sentir à l'aise ou bien s'y noyer.
Ce lieu et cet espace doivent également permettre à chacun de pouvoir trouver un équilibre satisfaisant entre ses besoins de fusion et ses besoins d'autonomie. Durant la lutte pour le pouvoir, le lieu et l'espace peuvent donc devenir un champ de bataille, chaque partenaire cherchant à marquer son territoire et à refuser la présence de l'autre conjoint.
C'est d'ailleurs le cas des couples malheureux, chaque partenaire n'arrivant pas à intégrer ce lieu et cet espace comme un territoire d'échanges, de négociation et de partage. Avec le temps, ce lieu et cet espace vont les oppresser. Le domicile conjugal, donc, le lieu qui réunit les deux conjoints, va devenir un milieu stressant ou encore un endroit muré par le silence, les besoins et les attentes de chacun n'étant plus respectés depuis longtemps.
Aujourd'hui, la majorité des couples vivent ensemble. Toutefois, il existe des couples qui décident de ne pas partager un territoire commun car ils estiment que cela peut devenir un sujet de conflit ou un champ de bataille, chacun ayant peur de perdre son espace de liberté.
C'est aussi la raison pour laquelle ils décident de ne pas vivre ensemble, chacun menant sa vie de son côté. A notre avis, c'est une erreur. La plupart du temps, ces couples ne fonctionnent que quelques mois, au mieux, quelques années, mais jamais ou rarement sur la durée.
Pourquoi ? Tout simplement parce que ces couples sont aussi ceux qui associent uniquement le couple au fait de passer des bons moments. Or, comme nous l'avons déjà précisé, le couple est surtout conçu pour générer des crises, soit de croissance, soit de décroissance. En vérité, c'est surtout la façon dont les deux partenaires vont gérer et traverser ces crises qui va déterminer la force et la stabilité de leur couple.
En résumé, les mauvais moments, qui sont souvent associés au fait de vivre ensemble, sur un même territoire et d'accepter les concessions, ne doivent pas être partagés car ils sont synonymes de disputes et de conflit. Sur la durée, ce genre d'union est généralement condamnée à l'échec, justement parce que le "Nous" est un lieu, un espace et un temps qui nécessitent d'être partagés, donc, qui nécessitent également de vivre ensemble, et d'accepter les désaccords et de gérer des crises parfois insurmontables.
Le couple n'est pas fait que pour partager des bons moments.
Encore une fois, ce sont surtout les mauvais moments qui vont déterminer la force et la stabilité du couple à long terme. C'est surtout la façon dont les deux conjoints vont traverser et gérer ensemble les mauvais moments qui va déterminer s'ils sont capables ou non de construire un amour sincère et véritable sur la durée.
Bien sûr, être en couple et vivre séparemment peut aussi avoir ses bons côtés, mais cette situation doit être temporaire pour que le couple puisse évoluer au sein d'un territoire commun. Enfin, il existe aussi des couples qui ne possèdent pas de lieu et d'espace propres.
Ce sont tous ces couples qui vivent chez leurs parents parce qu'ils n'ont pas les moyens financiers pour louer ou acheter une maison ou un appartement. C'est probablement le meilleur tue-l'amour. Dans ce cas précis, le couple n'en est plus un car il ne possède plus de lieu commun pour partager leur intimité. Au contraire, les deux partenaires évoluent et s'immiscent dans un espace qui n'est pas le leur, à savoir celui partagé par les parents de l'un des deux conjoints.
A la longue, ce genre de situation est généralement conflictuelle et doit être la plus temporaire possible.
suite de cet article dès demain !
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
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Le "Nous" est un espace, un lieu et un temps
Qu'entendons-nous par le "Nous" et par les notions d'espace, de lieu et de temps ? Lorsque vous demandez aux couples heureux pourquoi ils le sont et ce que représente pour eux leur union, ils ont du mal à expliquer les secrets de leur bonheur et de leur réussite.
Même remarque pour les couples malheureux. Lorsque vous leur demandez pourquoi leur ménage ne fonctionne pas, ces derniers vont surtout accuser l'autre mais sans pour autant trouver les raisons profondes de leurs disputes incessantes.
Pourquoi ? Tout simplement parce que le couple est une entité complexe qui se situe au-delà de chaque partenaire. Les deux conjoints réunis forment un "Nous", soit la somme des deux individus. Par conséquent, un couple, ce n'est pas 1+1= 2 mais 1+1= 3, le troisième étant le "Nous".
Encore une fois, ce "Nous" est le résultat de l'union entre deux partenaires. Le "Nous" a donc une vraie dimension spirituelle, physique, morale, psychologique, intellectionnelle, émotionnelle et relationnelle. Il est la résultante des deux personnalités des deux partenaires, de leurs conceptions, de leurs différences, de leurs histoires respectives, de leur éducation et de la façon dont ils vont pouvoir ou non gérer et traverser ensemble les crises et les conflits.
C'est aussi dans ce "Nous" que les deux conjoints vont parvenir ou non à créer un espace, un lieu et un temps. Le "Nous" est donc composé de trois dimensions qui sont en corrélation les unes avec les autres et qui vont déterminer la force et la stabilité de la relation.
Ces trois dimensions vont également être aux prises avec les dynamiques du pouvoir et du déséquilibre. En résumé, le "Nous" va évoluer au sein de trois dimensions que sont l'espace, le lieu et le temps. Il s'agit juste de savoir si le couple va réussir à faire de ce lieu, de cet espace et de ce temps leurs ennemis ou leurs alliés, et comment chaque membre va parvenir ou non à s'épanouir à travers ces trois dimensions.
Suite de cet article dès demain !
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
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Le XXe siècle ou le siècle de la dépression
Le XXe siècle aura été celui de l'anxiété, mais il semble que nous entrions maintenant dans l'ère de la mélancolie. Les statistiques internationales révèlent une véritable épidémie de dépression. Depuis le début du siècle, chaque génération court davantage de risques que les précédentes de souffrir d'une dépression profonde, celle-ci se caractérisant par un abattement, un apitoiement sur soi-même et un sentiment d'impuissance. La dépression chez les enfants apparaît comme une caractéristique du monde moderne.
Bien que la probabilité de sombrer dans la dépression augmente avec l'âge, c'est chez les jeunes que les taux présentent le plus fort accroissement. L'abaissement de la première dépression semble également être un phénomène mondial.
Avec l'extension de l'industrialisation après la Seconde Guerre Mondiale, on peut dire que le foyer s'est vidé. La famille traditionnelle cède de plus en plus la place à de nouveaux modèles: la famille monoparentale et recomposée.
Ce facteur n'est pas une cause directe de dépression, mais il crée une vulnérabilité. Les facteurs de stress précoces risquent d'affecter le développement nerveux, ce qui peut conduire à la dépression lorsque l'individu est soumis à de fortes tensions.
Depuis trente ou quarante ans, nous assistons à une montée de l'individualisme et à une diminution de la foi religieuse et du soutien procuré par la communauté et la famille élargie. Il en résulte un affaiblissement des facteurs susceptibles d'amortir les chocs des revers et des échecs.
Quelle qu'en soit la cause, la dépression des jeunes est un problème urgent. Aux Etats-Unis, les estimations concernant le nombre d'enfants et d'adolescents déprimés varient beaucoup. Selon des études épidémiologiques, la proportion de garçons et de filles entre 10 et 13 ans souffrant d'une dépression profonde au cours d'une année donnée atteint 8 ou 9%.
Des statistiques montrent que pour les filles, le pourcentage double presque à la puberté, entre 14 et 16 ans. 16% des filles traversent une période de dépression alors que le poucentage reste inchangé chez les garçons.
L'intelligence émotionnelle. John Goleman (Editions J'ai lu, 1997)
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
Esprit et médecine
Au pays de la maladie, les émotions règnent en maître. Si nous sommes si fragiles psychologiquement quand nous sommes malades, c'est parce que notre bien-être mental est en partie fondé sur l'illusion de notre invulnérabilité. La maladie, surtout quand elle est grave, brise cette illusion.
Brusquement, nous nous sentons faibles, impuissants et vulnérables. Les médecins, occupés par l'état physique de leurs malades, ignorent trop souvent leurs réactions affectives.
Pourtant, l'état émotionnel d'un individu peut influer considérablement sur sa vulnérabilité à la maladie et sur le processus de guérison. Dans la pratique, la médecine manque trop souvent d'intelligence émotionnelle. Le patient s'attend à être rassuré, réconforté et consolé lors de ses entrevues avec les infirmières. Hélas, le personnel soignant est souvent pressé ou parfois impuissant face à la détresse. Dans l'avenir, les contraintes institutionnelles risquent de rendre le personnel médical de plus en plus aveugle à la vulnérabilité des patients.
Face aux dures réalités d'un système médical placé sous la férule des gestionnaires, les choses semblent aller en s'aggravant. Outre l'argument humanitaire qui devrait pousser les médecins à prendre soin autant qu'à prodiguer des soins, d'autres raisons imposent de considérer que la réalité psychologique et sociale des malades n'est pas étrangère au domaine médical.
On peut désormais affirmer sur des bases scientifiques qu'on peut améliorer l'efficacité médicale, tant au stade de la prévention qu'à celui du traitement, en soignant les gens physiquement et émotionnellement. Pas dans tous les cas, ni pour toutes les maladies, mais si l'on considère les données réunies à partir de centaines de cas, on constate en moyenne une augmentation suffisante de l'efficacité des soins pour une action sur l'état émotionnel du patient fasse partie intégrante de la pratique médicale dans tous les cas d'une maladie grave.
L'intelligence émotionnelle. John Goleman (Editions J'ai lu, 1997)
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
Les caractéristiques des couples malheureux: le mépris
Qu'est-ce qui caractérise les couples malheureux ? Quelles sont les stratégies qu'ils mettent en place et qui permettent de prédire soit un divorce ou une séparation, soit une union qui court à la catastrophe ?
Plusieurs études ont permis de définir les caractéristiques et les stratégies qui, à long terme, finissent par détruire la relation. Ces caractéristiques et/ou ces stratégies sont au nombre de quatre:
- la critique;
- le mépris;
- la contre-attaque ou l'attitude défensive;
- la dérobade.
Ces quatre caractéristiques sont également connues sous le nom des quatre cavaliers de l'apocalypse, soit quatre attitudes qui, avec le temps, le déséqulibre, les crises et les conflits, et lorsqu'elles s'ajoutent les unes aux autres, annoncent soit un probable divorce ou séparation, soit une union malheureuse. Dans l'article publié hier, nous avons abordé le premier cavalier. Aujourd'hui, nous allons analyser le second, à savoir le mépris.
2. Le mépris:
Le mépris exprime à la fois le dégoût et le rejet de celui ou celle qui critique. Ce qui a pour conséquence non seulement d'aggraver le conflit mais empêche toute discussion constructive et productive. Dans un tel contexte, il est difficile, voire impossible de trouver une solution, ou tout du moins, de parvenir à un consensus. Par conséquent, le mépris alimente les émotions négatives et le ressentiment à l'égard du partenaire. Ensuite, le mépris est un cavalier redoutable qui, lorsqu'il fait écho à la critique, ne fait qu'accentuer le conflit et l'incompréhension au sein du couple.
La dispute va donc se poursuivre sur le même ton qu'elle a commencé et risque même de s'aggraver davantage. Revenons à l'exemple d'Alain et de Pascaline.
Pascaline: "Tu commences vraiment à me faire suer à toujours refuser de passer l'aspirateur alors que je me crève le cul toute la journée à faire le ménage ! Ca fait au moins 50 fois que je te le dis mais tu ne comprends rien parce que tu n'es qu'une feignasse !"
Alain: "Et toi, tu crois que tu ne me fais pas suer à gueuler toujours après moi ? Tu crois vraiment que je vais passer l'aspirateur alors que tu me parles comme un chien ? Tu peux toujours gueuler, tiens !"
Pascaline: "De toute façon, c'est toujours pareil avec toi, on ne peut pas discuter ! Tout ce que tu sais faire, c'est rester comme une larve sur le canapé !"
Alain: "Très bien, puisque c'est comme ça, je me casse ! Je n'ai même pas envie de te répondre !"
A la critique de Pascaline, Alain exprime clairement son dégoût et son rejet vis-à-vis de son épouse ("tu peux toujours gueuler, tiens !"). Le mépris est donc la réponse négative à une critique qui revient systématiquement. Conséquence: chaque partenaire campe sur ses positions, cherche à prouver que c'est lui qui a raison et que c'est l'autre qui a tort.
Et comme chacun est persuadé de détenir la vérité, le mépris, lorsqu'il est associé à la critique, prépare le troisième cavalier: la contre attaque ou l'attitude défensive.
Olivier Walmacq et Djamel Benouis
Les caractéristiques des couples malheureux: la critique
Qu'est-ce qui caractérise les couples malheureux ? Quelles sont les stratégies qu'ils mettent en place et qui permettent de prédire soit un divorce ou une séparation, soit une union qui court à la catastrophe ?
Plusieurs études ont permis de définir les caractéristiques et les stratégies qui, à long terme, finissent par détruire la relation. Ces caractéristiques et/ou ces stratégies sont au nombre de quatre:
- la critique;
- le mépris;
- la contre-attaque ou l'attitude défensive;
- la dérobade.
Ces quatre caractéristiques sont également connues sous le nom des quatre cavaliers de l'apocalypse, soit quatre attitudes qui, avec le temps, le déséqulibre, les crises et les conflits, et lorsqu'elles s'ajoutent les unes aux autres, annoncent soit un probable divorce ou séparation, soit une union malheureuse.
1. La critique:
Beaucoup de couples croient à tort que la critique peut être constructive. Or, la critique n'est jamais constructive. A la longue, elle finit par user les deux partenaires, surtout quand elle est répétitive et vient sans cesse s'incruster dans la relation. Critiquer, c'est porter un jugement négatif sur autrui, donc, sur son caractère et sa personnalité.
A la longue, non seulement la critique use, mais elle fatigue l'autre qui n'a plus envie de répondre à vos attaques. La critique est donc vécue comme une agression verbale.
Dans un couple, il a été démontré que la critique était majoritairement employée par les femmes. Dans plus de 75% des cas, ce sont même elles qui engagent la conversation sur le sujet épineux. Attention, dans tout couple, il arrive que les deux conjoints se disputent et se critiquent.
Le seul problème, c'est lorsque la même critique revient sans cesse car elle prépare l'arrivée d'un second cavalier beaucoup plus destructeur: le mépris. Et lorsque la critique et le mépris se retrouvent associés, la rupture ou l'escalade dans les crises et les conflits n'est plus très loin.
Certes, comme nous l'avons déjà souligné, chaque couple est en proie à la critique ou utilise cette tactique pour accuser à tort ou à raison son partenaire. Si la critique en question ne revient pas constamment dans vos conversations, elle ne risque pas de porter préjudice à votre conjoint. Toutefois, n'oubliez pas que la critique vise à porter un jugement et à accuser l'autre.
A notre avis, la critique est surtout liée à une méconnaissance de l'autre. C'est une manière de décharger votre colère et votre propre insécurité sur ce dernier.
Bien sûr, il existe des cas ou des situations où la critique peut paraître justifiée et constructive, le but étant que votre conjoint améliore ou change son comportement. Mais encore une fois, la critique n'est jamais justifiée et jamais constructive. Les couples doivent donc apprendre à dire la même chose mais sans accuser ni juger leur partenaire.
En vérité, il s'agit de faire la différence entre grief et une critique. Un grief est une remarque qui porte sur une action spécifique de votre conjoint. Pour illustrer notre argumentation, nous allons nous appuyer sur deux exemples précis. Le premier exemple va donc illustrer une conversation sur le mode "critique" entre Alain et Pascaline. Le second exemple illustrera une conversation sur le mode "grief" entre les deux mêmes partenaires.
Exemple 1: la critique
Pascaline: "Tu commences vraiment à me faire suer à toujours refuser de passer l'aspirateur alors que je me crève le cul toute la journée à faire le ménage ! Ca fait au moins 50 fois que je te le dis mais tu ne comprends rien parce que tu n'es qu'une feignasse !"
Alain: "Et toi, tu crois que tu ne me fais pas suer à gueuler toujours après moi ? Tu crois vraiment que je vais passer l'aspirateur alors que tu me parles comme un chien ? Tu peux toujours gueuler, tiens !"
Pascaline: "De toute façon, c'est toujours pareil avec toi, on ne peut pas discuter ! Tout ce que tu sais faire, c'est rester comme une larve sur le canapé !"
Alain: "Très bien, puisque c'est comme ça, je me casse ! Je n'ai même pas envie de te répondre !"
Exemple 2: le grief
Pascaline: "Alain, aujourd'hui, tu m'avais promis de passer l'aspirateur et tu ne l'as pas fait. Je suis vraiment furieuse contre toi. J'aimerais vraiment que tu t'impliques davantage dans les tâches ménagères. Pourtant, tu sais que je passe beaucoup de temps à faire le ménage dans la maison. J'aimerais vraiment que tu t'investisses davantage"
Alain: "C'est vrai que j'avais promis de faire un peu de ménage aujourd'hui. J'avais promis de passer l'aspirateur mais j'ai été complètement débordé. Je comprends que tu sois en colère mais je vais essayer d'en faire un peu plus dans la maison"
Le premier exemple exprime clairement une critique. Celle-ci concerne Alain qui n'a pas passé l'aspirateur et qui ne s'investit pas assez dans les tâches ménagères. Le second exemple est un grief. Vous remarquerez que Pascaline exprime la même chose mais différemment.
Surtout, elle n'accuse pas et ne juge pas son mari. Pourtant, elle se plaint de lui et exprime clairement sa colère. La seule différence, c'est que cette colère porte sur une action spécifique de son époux et non pas sur sa personnalité, son caractère ou son comportement.
Autrement dit, il est tout à fait possible de se plaindre contre son conjoint ou encore de ne pas être d'accord avec lui sans pour autant l'attaquer et l'agresser verbalement. Dans l'exemple 2, Pascaline utilise le grief. Vous remarquerez qu'elle obtient une conversation productive alors que dans le premier exemple, elle obtient le mépris de son mari. Encore une fois, la critique est blessante ("feignasse") et à la longue, ce genre d'attitude conduit inéluctablement au mépris.
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
Les hommes, le sexe faible
Même après 35 ans de mariage, les hommes et les femmes continuent d'envisager de manière fondamentalement différente leurs rapports émotionnels. En règle générale, les scènes de ménage font beaucoup moins peur aux femmes qu'aux hommes.
Cette conclusion se fonde sur le témoignage de 550 couples, tous mariés depuis longtemps. Le psychiatre Robert Levinson a constaté que tous les maris trouvent déplaisantes, voire insupportables les querelles avec leur épouse, tandis que les femmes n'y attachent pas beaucoup d'importance.
La submersion provoquée par les critiques de l'autre est plus fréquente chez les hommes que chez les femmes. Les maris libèrent une quantité d'adrénaline dans leur sang, et cette sécrétion est plus facilement déclenchée par une faible négativité de leur femme.
Il leur faut aussi plus de temps pour revenir à la normale. La raison pour laquelle les hommes se retranchent si facilement derrière le mur du silence est qu'ils cherchent à se protéger de ces débordements. Les recherches ont montré que lorsqu'ils se referment, leur rythme cardiaque chute de dix battements par minute, procurant ainsi une sensation subjective de soulagement.
Paradoxalement, quand les hommes commencent à se refermer, c'est le rythme cardiaque de leur femme qui fait un bond. Ce tango limbique, au cours duquel chaque partenaire cherche un réconfort par des stratégies opposées, conduit à des attitudes très différentes vis-à-vis des conflits émotionnels: les hommes cherchent à les éviter avec autant d'acharnement que les femmes cherchent à les provoquer. Les hommes se barricadent facilement derrière un mur du silence, mais les femmes ont la critique facile. Cette asymétrie résulte de leur rôle de gestionnaore des émotions.
Alors qu'elles s'efforcent de mettre sur le tapis et de résoudre les problèmes émotionnels, les maris répugnent à s'engager dans des discussions qui promettent d'être vives. Face à cette dérobade, la femme augmente le volume de ses plaintes et commence à le critiquer.
Comme il réagit en se refermant, elle se sent frustrée et fâchée, et montre du mépris pour souligner l'intensité de sa frustration. En butte aux critiques et au mépris de son épouse, le mari commence à entrer dans le rôle de la victime ou à éprouver de l'indignation. Pour ne pas se laisser submerger, il adopte une attitude toujours plus défensive ou se replie entièrement sur lui-même.
Ce comportement déclenche le processus de submersion chez les femme. C'est l'impasse. Le cycle des querelles de ménage poursuit son escalade et finit par échapper à tout contrôle.
L'intelligence émotionnelle. John Goleman (Editions J'ai lu, 1997)
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
Divorce et intelligence émotionnelle
Les statistiques sur le mariage et le divorce le prouvent et montrent que l'intelligence émotionnelle fait plus cruellement défaut que jamais. Dix pour cent des mariages conclus aux Etats-Unis en 1890 se sont terminés par un divorce. Le taux passe à 18% pour les couples formés en 1920, à 30% pour les américains mariés en 1950. Pour les mariages conclus en 1970, le risque était de 50%, et il atteint 67% pour les couples formés dans les années 90 !
Si on se base sur ces estimations, seulement trois personnes sur dix récemment mariées peuvent espérer rester avec leur conjoint.
On peut soutenir que cette augmentation est due en grande partie moins à une baisse de l'intelligence émotionnelle qu'à une diminution des pressions sociales ou à une dépendance économique des femmes qui empêchaient les couples, même les plus mal assortis, de se séparer.
Même si les pressions sociales ne suffisent plus à cimenter les couples, alors les forces émotionnelles en jeu entre les hommes et les femmes sont d'autant plus importantes à la survie de leur union.
Les scientifiques sont maintenant capables de détecter les poussées d'adrénaline ou les élévations brutales de la tension du mari et d'observer les microémotions qui transparaissent sur le visage de son épouse. Ces mesures physiologiques révèlent le substrat biologique caché des difficultés conjugales. Ces résultats mettent à nu les forces émotionnelles qui soudent ou dissolvent un relation.
Les points de rupture ont leur origine première dans les différences entre le monde émotionnel des filles et celui des garçons.
L'intelligence émotionnelle. John Goleman (Editions J'ai lu, 1997)
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
L'augmentation des divorces et la révolution sexuelle
Le constat est là. La plupart des couples ne parviennent pas à franchir et à gérer la lutte pour le pouvoir. Ce qui explique pourquoi le taux de divorce est aussi élevé et va probablement continuer à s'accentuer dans l'avenir. Les causes et les explications sont multiples. Toutefois, à notre avis, il existe quatre raisons principales:
- une meilleure espérance de vie;
- l'émancipation féminine;
- la révolution sexuelle des années 60/70;
- la culture du "moi, tout, ici et maintenant" ou les conséquences de la société de consommation.
Lors des précédents billets, nous avons abordé les deux premières causes de l'augmentation du taux de divorce. Aujourd'hui, nous allons donc analyser la troisième raison, à savoir la révolution sexuelle des années 60/70.
En France, la révolution sexuelle a eu lieu en 1969 et s'est traduite par une libération de la sexualité. Les hommes et les femmes peuvent exprimer plus facilement et plus librement leurs désirs et leurs fantasmes sexuels. Cela s'est traduit également par l'arrivée de films et de supports érotiques et pornographiques. Désormais, le sexe est visible et disponible dans la société. Certains écrivains et films ont permis de faire évoluer les mentalités.
Ainsi, certains films et magazines montrent des hommes et des femmes nus, des positions sexuelles explicites et prônent le plaisir sexuel dans toutes ses formes (échangisme, libertinage, lesbianisme, masturbation, orgasme...).
Le couple bénéficie lui aussi de cette libération de la sexualité. Le couple a donc une nouvelle image dans la société. Le couple, ce n'est plus seulement un homme qui travaille et une femme qui fait office de ménagère. Désormais, le couple est vu à travers ses dimensions sexuelles et charnelles. Ces deux dimensions prennent de plus en plus d'importance, notamment à travers le mouvement hippie, qui prône la paix et l'amour ("faites l'amour mais pas la guerre"). La révolution est en marche. Cette libération sexuelle se traduit également par une libération des moeurs.
La sexualité n'est plus seulement considérée comme un rapport visant à la reproduction mais plutôt comme un moment privilégié ayant une fonction ludique, permettant de rapprocher les deux partenaires. Parallèlement, cette libération sexuelle permet aussi une plus grande diversité des pratiques, désormais instaurées dans certaines classes de la société.
C'est par exemple le cas du libertinage. Certains couples parlent librement de sujets qui étaient tabous auparavant. C'est le cas notamment de l'infidélité, qui devient peu à peu un phénomène réccurrent.
Pourtant, aujourd'hui, malgré l'explosion d'internet et une sexualité disponible facilement et gratuitement sur certains sites, il existe une grande méconnaissance et ignorance sur la sexualité. Avec l'avénement de la société de consommation, certains médias vantent les mérites d'une sexualité basée sur la performance. Ainsi, aujourd'hui, de plus en plus d'hommes et de femmes se montrent exigeants vis-à-vis de leur sexualité. D'autres encore développent des dysfonctions sexuelles, telles que les troubles de l'érection, l'éjaculation précoce, le désir sexuel hypoactif ou le manque de désir homme/femme, l'anorgasmie, la dyspareunie ou encore le vaginisme, pour ne citer que les troubles les plus fréquents.
Etant donné que les hommes veulent être plus performants et le plus longtemps possible, les IPDE5 remportent un vif succès. C'est par exemple le cas du viagra qui est mis en vente sur le marché la fin des années 90 et le début des années 2000. Par la suite, d'autres IPDE5 seront en vente sur le marché. C'est le cas du cialis et levitra.
Dans les années 2000, la télévision et les médias parlent de plus en plus de la sexualité et du couple. Les émissions sur les célibataires et les couples rencontrent un grand succès à la télévision et intéressent les français. Toutefois, cette culture médiatique n'a pas que des effets bénéfiques sur la vision du couple et de la sexualité.
Olivier Walmacq et Djamel Benouis
L'augmentation des divorces et l'émancipation féminine
Le constat est là. La plupart des couples ne parviennent pas à franchir et à gérer la lutte pour le pouvoir. Ce qui explique pourquoi le taux de divorce est aussi élevé et va probablement continuer à s'accentuer dans l'avenir. Les causes et les explications sont multiples. Toutefois, à notre avis, il existe quatre raisons principales:
- une meilleure espérance de vie;
- l'émancipation féminine;
- la révolution sexuelle des années 60/70;
- la culture du "moi, tout, ici et maintenant" ou les conséquences de la société de consommation.
Lors du précédent billet, nous avons abordé la première cause, à savoir une meilleure espérance de vie. Aujourd'hui, nous allons donc analyser la deuxième raison, l'émancipation féminine.
L'émancipation féminine est corrélée avec la libération sexuelle de la fin des années 60 et du début des années 70. Cette émancipation s'est accentuée avec le mouvement féministe qui a pris de plus en plus d'importance depuis les années 80.
Ainsi, les femmes ont pu s'affirmer davantage sur le marché du travail, quitter leur foyer et se débarrasser de cette étiquette de la femme de ménage. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que les femmes soient de plus en plus exigeantes vis-à-vis de leur mariage, de leur couple et de leur relation amoureuse.
En ayant plus de liberté et d'indépendance, la femme cherche également sa place dans la société. A cette émancipation, vient s'ajouter le divorce. Aujourd'hui, il est beaucoup plus difficile de divorcer qu'il y a encore quelques décennies. Désormais, les femmes sont libres de partir et de quitter leur mari si elles sont insatisfaites. Dans les années 60, une telle femme aurait été montrée du doigt.
Aujourd'hui, c'est devenu une banalité, voire presque une norme dans notre société moderne. Désormais, les femmes peuvent s'épanouir en dehors de la relation, non seulement au travail, mais aussi dans les activités sportives, lucratives et associatives, voire même dans la politique.
Aujourd'hui, les femmes recherchent avant tout une relation épanouissante et basée sur la communication, la tendresse, la confiance, l'honnêteté et la complicité. Autrement dit, les femmes cherchent surtout une relation où elles pourront développer et enrichir leurs ressources et leurs qualités. La femme attend de l'homme, et plus largement de la société, qu'elle soit reconnue pour sa féminité. Pour les hommes, cela demande d'accepter de partager le pouvoir.
Mais l'émancipation féminine est encore récente et ne concerne que les pays occidentaux et/ou les plus développés. Et même dans ces pays, les femmes ont encore un long chemin à parcourir avant de se retrouver sur un même pied d'égalité avec les hommes. On peut le constater tous les jours, que ce soit dans le milieu professionnel ou dans le milieu politique, pour ne citer que ces exemples.
Dans certains pays, les femmes sont mises à l'écart et bafouées dans leur identité. En résumé, ces femmes sont considérées uniquement comme des simples reproductrices et/ou des bonnes à tout faire. Hélas, cette vision reste encore très forte dans nos sociétés actuelles.
Par conséquent, certains hommes ont du mal à partager le pouvoir et à accepter que leur femme prenne de l'importance, non seulement dans leur couple, mais plus largement dans la société. A contrario, il existe tout de même des hommes qui acceptent de partager le pouvoir tout en conservant leurs propres valeurs.
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
L'augmentation des divorces-Première partie
Le constat est là. La plupart des couples ne parviennent pas à franchir et à gérer la lutte pour le pouvoir. Ce qui explique pourquoi le taux de divorce est aussi élevé et va probablement continuer à s'accentuer dans l'avenir. Les causes et les explications sont multiples. Toutefois, à notre avis, il existe quatre raisons principales:
- une meilleure espérance de vie;
- l'émancipation féminine;
- la révolution sexuelle des années 60/70;
- la culture du "moi, tout, ici et maintenant" ou les conséquences de la société de consommation.
1. Une meilleure espérance de vie:
Comme nous l'avons déjà souligné dans ce livre, nous vivons de plus en plus vieux et en bonne santé aujourd'hui. La science et les techniques de la médecine moderne ont considérablement amélioré notre hygiène de vie et notre capacité à lutter contre les maladies.
Pour les hommes, en France, en 2010, l'espérance de vie est de 78 ans en moyenne. Pour les femmes, l'espérance de vie est de 85 ans en moyenne. Par conséquent, pour certains couples qui durent depuis plusieurs décennies, il n'est pas rare que certains fêtent leur cinquantième voire leur soixantième anniversaire de mariage.
C'est un fait plus courant qu'il y a encore quelques décennies où la durée d'un ménage n'excédait pas plus de 30 ans, voire 40 ans au grand maximum. De ce fait, étant donné que l'espérance de vie augmente, il n'est pas étonnant que nous puissions divorcer plusieurs fois et connaître plusieurs grandes histoires d'amour. Ensuite, comme nous avons accès à une meilleure santé, nous avons également de plus grandes exigences vis-à-vis de notre couple, de notre bien-être, de notre confort, de notre travail et de notre épanouissement personnel.
En résumé, non seulement, nous vivons plus vieux mais nous sommes en meilleure santé que les générations précédentes. Et ces bouleversements ont évidemment des conséquences sur l'évolution du couple dans la société. Et dans l'avenir, l'espérance de vie et le vieillissement de la population vont continuer à augmenter.
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
Test de satisfaction sexuelle
Le test de satisfaction sexuelle consiste à évaluer votre degré de satisfaction à propos des 25 items à l'aide de l'échelle suivante: 1. Très insatisfait, 2. Peu satisfait, 3. satisfait, 4. Assez satisfait, 5. Très satisfait.
- Mon partenaire est suffisamment tendre et affectueux lors de nos rapports intimes. 12345
- Mon partenaire est suffisamment attentif à mes envies et à mes besoins lors de nos relations sexuelles. 12345
- En dehors de nos relations sexuelles, nous prenons toujours du temps pour parler de nos rapports sexuels. 12345
- Je suis capable de dire ce que j'aime ou ce que j'aime pas chez mon partenaire lors de nos rapports sexuels. 12345
- Je suis satisfait(e) de la fréquence de nos rapports sexuels. 12345
- Je suis satisfait(e) de la qualité de nos rapports sexuels. 12345
- Je suis satisfait(e) de nos moments de tendresse hors sexualité. 12345
- Lorsque nous sommes en vacances, nous privilégions davantage la sexualité. 12345
- Lors de nos rapports sexuels, nous consacrons beaucoup d'importance aux préliminaires. 12345
- Lors de nos rapports intimes, nous essayons de varier les positions sexuelles. 12345
- Mon partenaire est capable de comprendre ce qui me fait plaisir durant l'acte sexuel. 12345
- Je suis capable de comprendre les envies, les besoins et les désirs de mon partenaire lors de nos relations sexuelles. 12345
- Je suis ouvert(e) aux fantaisies sexuelles. 12345
- Mon partenaire est ouvert aux fantaisies sexuelles. 12345
- J'aime voir mon (ou ma) partenaire nu(e). 12345
- Je suis suffisamment motivé(e) pour travailler sur ma sexualité, seul(e) et avec mon partenaire. 12345
- Lors de nos rapports sexuels, il nous arrive de nous masturber l'un l'autre. 12345
- Dans une relation de couple, j'estime que la sexualité doit avoir une place importante. 12345
- Lors de nos rapports sexuels, je suis capable de partager et d'échanger mes fantasmes. 12345
- Lors de nos rapports sexuels, mon partenaire est capable de me faire partager ses fantasmes. 12345
- D'une façon générale, dans notre couple, le climat est suffisamment érotique. 12345
- Lors de nos relations sexuelles, je suis capable de lâcher prise et de m'abandonner à mon partenaire. 12345
- Pour moi, la sexualité, "ça s'apprend, ça se comprend et ça se travaille". 12345
- Je sais que les relations sexuelles ne peuvent pas toujours être de la même qualité et de la même intensité. 12345
- Nous nous endormons rarement sans un geste d'amour ou d'affection. 12345
Faites le total de chaque colonne= ___ Puis soustrayez 25 points de ce total= ___ %. Le chiffre obtenu vous donne votre taux de satisfaction sexuelle en pourcentage. Plus celui-ci est élevé et plus vous vivez en couple depuis longtemps, plus vous êtes satisfaits de votre sexualité en couple.
Interprétation sommaires des résultats:
- 76 à 100%: couple très satisfaits de sa sexualité, surtout si près de 100%.
- 51 à 75%: couple satisfaits de sa sexualité, avec des hauts et des bas, mais attention si près de 51%.
- 25 à 50%: couple peu satisfait de sa sexualité et qui risque de l'être de plus en plus.
- 0 à 25%: couple très peu satisfait de sa sexualité. Soit cette dernière est rare, voire inexistante, soit elle est devenue une corvée.
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
Le manque d'empathie et la psychopathie
En règle générale, le manque total d'empathie se manifeste chez les auteurs de crimes odieux, qui en sont dépourvus. Les violeurs, les pédophiles et de nombreuses personnes responsables de violences domestiques ont souvent un même défaut: ils sont incapables d'empathie.
Leur incapacité à ressentir la douleur de leurs victimes leur permet de se mentir à eux-mêmes pour justifier leur forfait. Cette suppression de l'empathie au moment où ces personnes agressent leurs victimes fait presque toujours partie d'un cycle émotionnel qui déclenche des actes de cruauté.
Paradoxalement, les psychopathes sont des individus charmants mais totalement dépourvus de remords, même lorsqu'ils ont commis les actes les plus barbares. La psychopathie, c'est-à-dire l'incapacité à éprouver la moindre empathie ou compassion, est l'une des pathologies émotionnelles les plus intrigantes. L'insensibilité du psychopathe semble être due à une inaptitude à établir des liens affectifs autres que superficiels.
Les serial killers qui aiment faire souffrir leurs victimes avant de les tuer représentent le type même du psychopathe. Les psychopathes sont d'excellents menteurs. Ils raconteront n'importe quoi pour parvenir à leurs fins et manipuleront les émotions de leurs victimes avec le même cynisme.
L'une des manifestations les plus inquiétantes de l'absence d'empathie a été découverte au cours d'une étude sur la violence conjugale. Ces recherches ont révélé une anomalie physiologique fréquente chez les maris les plus violents, ceux qui battent régulièrement leur femme ou la menacent avec un couteau ou une arme à feu. Ces hommes agissent de manière froide et calculée plutôt que sous l'emprise de la fureur. C'est lorsque leur colère est en train de monter que l'anomalie apparaît.
Leu rythme cardiaque ralentit au lieu de s'accélérer. Autrement dit, ils se calment physiologiquement, alors même qu'ils deviennent de plus en plus agressifs et brutaux.
Leur violence verbale semble être un acte de terrorisme calculé, un moyen pour dominer leur épouse par la peur. Certains chercheurs pensent que leur manière froide de pratiquer la manipulation et leur absence totale d'empathie sont dues à un défaut neuronal.
Une origine physiologique possible de la psychopathie a été relevée de deux façons différentes, suggérant toutes deux une implication de circuits neuronaux conduisant au système limbique. En vérité, les psychopathes n'ont qu'une compréhension superficielle des mots émotionnellement chargés et donc du domaine de l'affectivité.
L'intelligence émotionnelle. John Goleman (Editions J'ai lu, 1997)
Djamel Benouis et Olivier Walmacq
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